MAISON À SAINT-BRIAC

Malgré ses apparences, cette maison a été réalisée entre 1998 et 1999. Conçue comme si sa construction se serait étalée sur deux siècles, sa forme a vu le jour empruntant les modes constructifs ancestraux et locaux. Composée de deux corps latéraux et d’un corps central, elle semble vouloir nous raconter une histoire.

Tout d’abord une petite maison de pêcheurs voit le jour au début du XIXe siècle. Elle est petite, mais façonnée pur résister aux agressions des vents de l’Atlantique.
Rachetée en début du XX siècle par des parisiens pour en faire leur lieu de villégiature, elle n’a pas assez d’hauteur pour ajouter une mezzanine. Les nouveaux propriétaires étendent alors la maison en cherchant à ouvrir la façade. Des larges ouvertures sur le nouveau salon profitent de la vue vers la mer et des lucarnes en toiture illuminent les chambres installées à l’étage; qu’importe… ils ne seront pas là pendant la mauvaise saison !
Les neveux héritent dans les années 70 de ce lieu de souvenirs, mais la maison des grands-parents ne suffit plus à une famille étendue. Au lieu de la surélever, un architecte leur conseille de compléter la maison en construisant un corps s’équilibrant avec celui de la petite maison du pêcheur.
La nouvelle cuisine prendra alors sa place au rez-de-chaussée de la nouvelle extension et une vaste salle de jeu s’installera à l’étage. Le large bow-window de la cuisine cherchera à rappeler le XIXe siècle, mais son style avec ses doubles vitrages et le balcon massif qui la surmonte, n’arrivera pas à cacher la facture immanquable des seventies…

Pour raconter cette histoire, il a fallu monter ce projet comme une pièce de théâtre. Le décor, la temporalité, chaque détail a eu une importance cruciale. La dimension et l’appareil des pierres, la couleur des joints, la forme et l’emplacement des ouvertures, les accidents entre les diverses toitures ; les solutions devaient répondre aux 3 époques et aux différences exigence de ses habitants imaginaires. Tout cela pour que la vision de cette maison puisse réveiller les sens, la nostalgie et le charme des temps révolus.
Mais dans cette histoire, il ne faut pas oublier les habitants (les vrais), ceux qui ont commandité cette maison. Cette idée un peu farfelue qui m’a traversé l’esprit et qui a généré le projet a enthousiasmé les clients au point de la prendre au pied de la lettre.

L’aventure du chantier a pris alors une tournure fascinante et inattendue. Ils ont voulu du granite usé, car celui sorti de carrière n’aurait pas donné le charme désiré. Ils ont alors acheté une ruine à l’intérieur des terres qu’ils ont fait démonter et livrer sur le chantier. De cette montagne de moellons dont une face était déjà érodée par le temps, on a créé un appareil qui pouvait évoquer le XIXe, le début du XXe et les années 70. Les techniques d’appareil de la petite maison de droite se différencient de celle de gauche, qu’on a voulu dater plus récente. Les dimensions des menuiseries ont été adaptées aux diverses époques et les charpentes ont été taillées également selon ce principe.
En parallèle, des défis techniques se posaient, comme les grandes portées des planchers, l’isolation thermique des façades, un chauffage par le sol, et une cave en sous-sol, pas très commune ici, où les marées atteignent les 12 mètres… Tout cela a été possible car aussi l’entreprise qui a réalisé les travaux s’est prise au jeu mettant à disposition du projet tout son savoir-faire.

Maison, Saint-Briac-sur-Mer 35800

construction d’une maison en bord-de-mer

Epoque 1999
Protection MH site protégé

MOA Privé
Stade Livré
Année 1999

Type Mission complétée

Surface 300 m2
MT 460 000€HT
MOE Ursula Biuso Architecte

crédit photo : Antonio Duarte

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